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Allocution du Président Nicolas Sarkozy en Haïti
Teledjol.com - Monday February 22, 2010
DEPLACEMENT EN HAITI ALLOCUTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, NICOLAS SARKOZY, DEVANT LA COMMUNAUTE FRANCAISE -(Port-au-Prince, 17 février 2010)
Allocution du Président Nicolas Sarkozy en Haïti DEPLACEMENT EN HAITI ALLOCUTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, NICOLAS SARKOZY, DEVANT LA COMMUNAUTE FRANCAISE -(Port-au-Prince, 17 février 2010) Monsieur le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, Mes Chers Compatriotes, Chers Amis haïtiens, Il y a un peu plus d'un mois maintenant, le 12 janvier, à 16h53, en moins d'une minute, la nature a infligé à Haïti et à son peuple la pire blessure de son histoire. Des centaines de milliers de vies ont été englouties, brisées ou mutilées dans cette effroyable tragédie. Parmi elles, trente de nos compatriotes ont péri. Trois sont encore portés disparus. Des gendarmes de la Mission des Nations unies, des enseignants ; des jeunes gens engagés volontaires, des femmes et des hommes de religion. Tous portés par le même idéal : servir Haïti, ce pays qu'ils ont tant aimé, au prix même de leur vie. Je vous demande d'observer une minute de silence, à la mémoire de toutes ces victimes, avec une pensée particulière pour leurs familles et pour leurs proches. (Minute de silence.) Mes Chers Compatriotes, Chers Amis haïtiens, Aujourd'hui, je veux vous le dire avec solennité, mais du fond du cœur : nous nous sentons citoyens d'Haïti. Ce drame, par sa violence inouïe, par son amplitude, nous a profondément touchés. Ce drame a endeuillé l'humanité toute entière. Les images atroces, insoutenables, des corps prisonniers dans le béton, mutilés, défigurés, continueront longtemps à vous hanter. Ces images nous ont bouleversés. Ces milliers de vies emportées, cette désolation. Avec le ministre, il m'a été donné, ce matin, de les partager dans la peine avec le président Préval, et à travers lui, avec toute la nation haïtienne. Port-au-Prince est une ville martyre. Je veux vous dire l'émotion qu'a soulevée dans toute la France cette vision d'un peuple démuni sur lequel le sort s'acharne. Je veux aussi vous dire l'admiration et le respect de tous ceux qui à travers le monde ont assisté à cette incroyable leçon de courage et de dignité donnée par le peuple haïtien. Meurtrie, au cœur d'une nuit qui semble ne jamais devoir finir, la nation haïtienne est demeurée debout. J'ai tenu à vous réunir ici, sur les lieux-mêmes où vous avez compté les premières victimes, françaises et haïtiennes, sur les lieux-même où se sont organisés les premiers secours, sur les lieux-même où notre petite communauté a su faire bloc autour de notre ambassadeur auquel je tiens, avec Bernard Kouchner et Alain Joyandet, à rendre un hommage tout particulier. Ensemble, soudés dans l'épreuve, vous avez montré de la France le meilleur visage : le visage de la générosité, de l'action et de l'efficacité. Longtemps, nos compatriotes garderont en mémoire le sourire radieux des secouristes français pour chaque vie sauvée. Pour chacune de ces vies que vous avez su extraire des décombres, ces vies sauvées donnent un sens à votre engagement et à votre vie à vous. Nous n'oublierons pas le travail harassant, opiniâtre, dévoué, des équipes de médecins français, chirurgiens, urgentistes, infirmiers, de l'ensemble des personnels de santé. J'ai vu ce matin le travail que vous êtes capable de faire dans l'hôpital de campagne déployé dès les premiers jours au Lycée français. Je veux rendre hommage au concours déterminant des armées françaises. Au soutien sans faille des Forces françaises des Antilles. Aux innombrables rotations aériennes depuis nos départements ultra-marins. A l'engagement des forces terrestres, à la mobilisation des navires "Siroco" et "Francis Garnier" de la Marine nationale, qui ont acheminé près de 2000 tonnes de fret humanitaire. Je veux rendre hommage à nos gendarmes, à nos policiers. A l'engagement remarquable des détachements du service militaire adapté de Guadeloupe et de Martinique qui ont pris une part décisive aux secours. Je veux également saluer la communauté des ONG, notamment des ONG françaises. Beaucoup d'entre vous étiez présents en Haïti depuis longtemps. D'autres sont venus vous rejoindre au lendemain du séisme. En tout cas vous vous êtes portés les premiers sur le front des secours et de l'aide. Beaucoup de nos grandes entreprises se sont mobilisées dans la phase d'urgence, je pense à EDF qui a rétabli l'éclairage public au Champ de Mars, Suez et Veolia qui ont réparé des conduites d'eau. Plusieurs centaines de milliers d'Haïtiens ont aujourd'hui accès à de l'eau potable grâce à des ONG et grâce à des entreprises françaises. La solidarité des Français a permis de collecter 65 millions d'euros. Enfin, je veux rendre hommage à l'action des Nations unies, qui ont payé un très lourd tribut à la catastrophe : Monsieur le Représentant spécial, transmettez au Secrétaire général de l'ONU et à toutes les familles des personnels des Nations unies disparus, transmettez le salut fraternel de la France. Au-delà de l'urgence, que pouvons-nous faire pour aider ce pays qui nous est si cher ? Ma présence en Haïti, la première d'un chef d'Etat français depuis l'indépendance, revêt une résonance particulière. Il ne s'agit pas seulement dans mon esprit de tourner le dos au passé, celui d'une histoire commune riche mais d'une histoire douloureuse. Ne nous voilons pas la face. Notre présence ici n'a pas laissé que de bons souvenirs. Les blessures de la colonisation et, peut-être pire encore, les conditions de la séparation ont laissé des traces qui sont encore vives dans la mémoire des Haïtiens. Je suis venu dire au peuple haïtien et à ses dirigeants que la France, qui était la première sur le terrain après la catastrophe, restera solidement à leurs côtés pour les aider à se relever et à ouvrir une nouvelle page, heureuse, de leur histoire. La France sera à la hauteur de ses responsabilités, de son histoire partagée et de son amitié avec Haïti. Mais à ceux qui, tirant argument du dénuement actuel des Haïtiens, caresseraient l'idée d'une tutelle internationale sur Haïti, je veux dire sans ambiguïté que le peuple haïtien est meurtri, que le peuple haïtien est épuisé, mais que le peuple haïtien est debout. L'aide internationale devra être massive, devra s'inscrire dans la durée. Mais c'est aux Haïtiens et à eux seul de définir un véritable "projet national" et ensuite de le conduire, parce que c'est de leur pays et de leur avenir qu'il s'agit. Le rôle de la communauté internationale, et celui de la France, c'est d'aider les Haïtiens à reprendre le contrôle de leur destin. Il faut également que la reconstruction profite à tous et à tous les territoires : pas seulement à une petite partie de la population qui se partage déjà ses richesses ; pas seulement à la "République de Port-au-Prince" contre le "pays du dehors" : si le bilan humain et matériel du séisme est si lourd, c'est parce que 2 millions de Haïtiens et l'essentiel de l'activité économique étaient concentrés dans cette ville hypertrophiée qui avait été conçue pour à peine 300.000 habitants. Enfin, l'effort de reconstruction devra créer les conditions en Haïti d'un développement durable, endogène, pour libérer progressivement les Haïtiens d'une dépendance à l'égard de l'aide internationale qui a étouffé l'initiative et l'activité d'un peuple dont chacun célèbre pourtant, à travers le monde, la créativité et le dynamisme. Le 12 janvier, il n'y a pas que le sol qui a tremblé. Les lignes de la société haïtienne ont bougé. Le réveil est infiniment douloureux. Mais nous vivons un moment charnière, un moment de vérité pour Haïti. A la place du chaos et des pillages qu'on nous prédisait, on a vu des foules s'organiser, on a vu des foules se recueillir dans le calme et la dignité. Le peuple des mornes a occupé la ville, pacifiquement. Les mots que l'on croyait ici oubliés depuis longtemps ont ressurgi : solidarité, intérêt général, projet national. Mes Chers Compatriotes, un peuple comme celui-là ne peut pas mourir. Soyez fiers de l'avoir secouru. Soyez fiers d'être encore à ses côtés au moment où il reprend le contrôle de son destin. La France, et je l'annoncerai dans quelques instants, fera un effort exceptionnel pour aider nos amis haïtiens. Vive la France ! Vive la République et vive Haïti !./. NOTE DE PRESSE Les Camps de Tentes sont dangereux pour Haïti Les camps de tentes peuvent réduire l’économie haïtienne jusqu’à l’assistance totale. Le Mouvement du 9 Février remercie le Président Français, Nicolas Sarkozy, de visiter Haïti, ce 17 février, à un moment de grande douleur pour le peuple haïtien. En effet, ce 12 janvier, le déchainement des forces naturelles qui a fait trembler le pays a causé des morts, des blessés et des mutilés par milliers dans notre population déjà affectée par beaucoup de misère. Ainsi, nous apprécions que le premier président français qui a visité notre république depuis la déclaration de notre indépendance ait eu à le faire comme un geste de sympathie envers le peuple haïtien qui est en train de traverser l’un des moments les plus difficiles de sa vie de peuple libre. Nous apprécions également que le Président français ait mis l’accent sur le principe que la France et le peuple français respectent et souhaitent que malgré les déboires qu’a causés le séisme, le peuple haïtien doit définir lui-même, en toute souveraineté et indépendance, la reconstruction de son pays avec le support de la communauté internationale. Nous n’attendons pas moins du leader d’un grand pays comme la France qui a été traditionnellement et est restée toujours un ardent défenseur des droits de l’homme dans le monde. Nous félicitons, également, le Président Sarkozy de supporter la décentralisation d’Haïti et de n’avoir pas souscrit à l’intention du Président René Préval de transformer Port-au-Prince en un vaste camp de refugiés, ce qui en fait condamnerait la capitale haïtienne à devenir le plus grand camp de refugiés du monde. Nous pouvons nous passer de cette qualification, compte tenu qu’Haïti est déjà honteusement considéré comme étant l’un des pays les plus pauvres et avec le gouvernement Préval la situation est en train de s’empirer. En plus, avec la destruction presque totale de la capitale qui représentait une concentration d’environ 72% de la capacité productive et administrative du pays, le séisme a montré l’urgence de décentraliser vers les autres villes de province et vers les mornes et de ne pas continuer avec l’ancienne formule qui consiste à concentrer plus du tiers de la population à Port-au-Prince. Nous sommes, aussi, très préoccupés par la situation des centaines de milliers de sans-abri qui vivent pêle-mêle dans les parcs publics et les rues de la capitale, où l’approvisionnement en eau et provisions alimentaires est déficitaire, les conditions sanitaires se détériorent, les maladies se propagent et les risques d’épidémies augmentent. Nous sommes d’autant plus préoccupés que la saison des pluies arrive et sera suivie par celle des cyclones, qu’on prévoit, qui pourrait être très rigoureuse cette année. Ainsi, comment comprendre que Président Préval soit en train de poursuivre encore le projet de maintenir concentré dans des camps, dans la capitale, plus d’un million de nos frères et sœurs ? Il faut croire que l’appât du gain que pourraient réaliser certains affairistes du pouvoir, sur le dos de ces victimes du séisme, est plus fort que tout sentiment de compassion qui devrait éviter de mettre cette population en danger, une fois encore, après que la négligence gouvernementale est responsable pour un grand nombre de morts qu’on aurait pu éviter. Car, si le programme de Déconcentration et de Décentralisation de la capitale qui progressait avant l’arrivée du Président Préval au pouvoir, avait continué, il y aurait eu moins de morts à l’ occasion du séisme. A ce carrefour de son Histoire, nous espérons qu’Haïti va bénéficier grandement de la visite du Président Sarkozy et de l’amélioration des relations avec la France. Ainsi, les promesses faites d’augmenter l’aide française substantiellement et immédiatement doit servir à combler des attentes et montrer la solidarité du peuple français avec le peuple haïtien. En effet, le lointain passé troublant qui a existé entre ces deux pays, ne peut servir de guide à la possibilité de continuer de construire des relations harmonieuses qui seront bénéfiques au développement économique et à l’amélioration des conditions de vie du peuple haïtien qui a été, une autre fois encore, très durement frappé par un désastre naturel. Pour le Mouvement du 9 Février, Paul Gustave Magloire Ancien Ministre de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales d’Haïti The “tent cities” are very dangerous for Haiti The tent camps can reduce the Haitian economy to totally depend on foreign assistance. The Movement of February 9 wants to thank the French President, Nicolas Sarkozy, for his visit to Haiti, this February 17, during a time of great pain for the Haitian people. Indeed, this past January 12, the powerful tremor, which shook the country in its foundation, has been the cause of an immense devastation, deaths and wounded by the tens of thousands in our population that was already in so much misery. Thus, we appreciate that the first President of France who visited our republic since the declaration of our independence had to do so as a gesture of sympathy towards the Haitian people, who are going through one of the most difficult periods in their history as a free people. We also appreciate the fact that the French President stressed, in principle, that France and its people respect and wish that, in spite of the calamities caused by the seism, the Haitian people have to define for themselves, in all their sovereignty and independence, the way they want their country to be rebuilt with the support of the international community. We would not expect any less from the leader of a major country like France, which has traditionally been and has remained always a forceful defender of human rights around the world. Furthermore, we congratulate President Sarkozy to come in support of the decentralization of Haiti and for not having subscribed to the intent of President René Préval to transform Port-au-Prince into a vast refugee camp, which in fact would condemn the Haitian capital to become the largest refugee camp of the world. We can do without such label, given that Haiti is already shamefully regarded as being one of the poorest countries in the world and, thanks to the Préval government ways of doing things, the situation has been already getting worse, day by day. Moreover, with the almost total destruction of Port-au-Prince, which represented a concentration of approximately 72% of the productive and administrative capacity of the country, the seism brought to the forefront the urgency to decentralize towards the other provincial cities and to no longer hold desperately into the old formula, which consists of concentrating more than a third of the population in Port-au-Prince. We are also very much concerned about the situation of the hundreds of thousands of homeless people who live haphazardly in the public parks and on the streets of the capital city, where the supply of food and water is overburdened and lacking, the sanitary conditions are worsening, diseases are spreading and the risks of epidemics are on the rise. We are all the more worried because the rainy season is approaching and will be followed by the hurricane season, which is likely to be very rigorous this year, based on the latest forecasts. Therefore, how can anyone justify that President Préval is still continuing his project to house in camps, in the capital city, more than one million of our brothers and sisters? One can only believe that the lure of making money, which would greatly benefit certain racketeers, off the back of these earthquake victims, is stronger than any feeling of compassion that should compel any responsible government to do all it can to prevent endangering this population, once again. In view of some facts, it’s fair to blame the government negligence as being the main responsible for a great number of the deaths, since they could have been avoided. Indeed, if the program of decentralization, which had started before the arrival in power of President Préval, had continued, there would have been fewer casualties at the time of the seism. At the crossroads of its History, we hope that Haiti will come out better of this dire situation. We hope it benefits from the visit of President Sarkozy and consequently from the improvement of the relationship with France. As such, the promises made by President Sarkozy to substantially and immediately increase the French assistance should be used to fulfill some expectations and to demonstrate the solidarity of the French people with the Haitian people. The two countries should, indeed, explore new possibility of continuing to build a harmonious relationship, which will be beneficial to the economic development and to the improvement of the living conditions of the Haitian people, which was struck, one more time, by a natural disaster. For the movement of February 9 Paul Gustave Magloire Former Minister of the Interior of Haiti
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